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Gigafactories de batteries en Europe: l'état réel des projets à l'automne 2026
Le 30 août 2026, une étude Deloitte chiffre à 150 milliards d'euros la valeur ajoutée que l'Europe pourrait ne pas capter d'ici 2030. Verkor a produit ses premières cellules à Dunkerque, ACC a démarré Douvrin, mais Northvolt a fait faillite et plusieurs sites sont suspendus. La capacité européenne reste très dépendante des acteurs asiatiques.
Par Hervé Bath ·
Le 30 août 2026, Deloitte a présenté une étude chiffrant à 150 milliards d'euros la valeur ajoutée que l'Europe pourrait ne pas capter d'ici 2030 dans les batteries [1]. En 2025, 77 % des cellules mondiales ont été produites en Asie, contre 13 % en Europe. Sur le sol européen, 98 % des capacités de production de cellules étaient contrôlées par des entreprises asiatiques. Northvolt, longtemps présenté comme le champion européen, a fait faillite après des pertes au démarrage et des difficultés de procédés à Skellefteå.
Production engagée
Verkor a sorti ses premières cellules à Dunkerque en décembre 2025. Le lancement de la production en série, un temps annoncé au premier semestre 2026, a été décalé à l'automne. Renault a épinglé des retards industriels et aurait écarté Verkor de l'appel d'offres pour les batteries de son utilitaire Master, tout en confirmant les Alpine A390, FlexEVan et Scenic [2].
ACC a démarré son usine de Douvrin, puis a suspendu les projets de Kaiserslautern et Termoli, officiellement pour passer d'une chimie NMC à LFP [3].
Risques réglementaires et de capacité
Transport & Environment a modélisé qu'un affaiblissement des objectifs de CO2 ferait peser un risque sur l'équivalent de 34 gigafactories de la taille de Northvolt, soit environ 1 020 GWh par an et 47 000 emplois industriels qui ne verraient pas le jour [4].
Une étude de Mobility Global pour l'ACEA conclut que même une production européenne de cellules de 306 GWh en 2032 ne suffirait pas à couvrir la demande si l'Industrial Accelerator Act exige des composants européens. Les pénuries de matériaux actifs de cathode et d'anode pourraient durer jusqu'en 2038-2040 [5].
La question n'est plus d'annoncer des capacités, mais de savoir qui, en Europe, produira des cellules au coût des importations.